Authie est un petit village historique, qui porte le nom de son petit fleuve : l’Authie qui prend sa source à Coigneux à quelques kilomètres d'Authie.
Altia en latin, Atteia au 6ème siècle, Attegia en 831, Altia lors de la restitution du Prieuré d’Authie aux bénédictins de Molêmes en 1087, Alteia dans le cartulaire de Molêmes en 1140, Athia dans les accords du village-frontière entre l’Artois et le Ponthieu (1249), s’orthographie « Authie » depuis 1470…
Les habitants d'Authie sont appelés les Althéens et les Althéennes.
En 662, l’Abbaye-Prieuré d’Authie, au titre de Prieuré conventuel (résidence de plusieurs religieux de l’ordre bénédictin) est considérée comme l’une des premières « filles » de la très célèbre abbaye de Corbie : les moines bénédictins d’Authie fertilisaient les plaines et défrichaient la contrée, quand ils n’étaient pas occupés à approfondir les marais (Grands et Petits Viviers) pour élever du poisson ! !
Notre Patrimoine : En 1885, Ernest Danicourt relate l’histoire d’Authie, de son prieuré, et de son château féodal… pas moins de 500 pages nous font découvrir un patrimoine rural d’une grande richesse. Les fléaux n’ont pas épargné le village, des impositions, des procès, des temps de guerres et de dévastations, des pillages, des inondations, des incendies (celui de 1803 n’a préservé que 4 maisons), le choléra, la révolution, les deux guerres du XXè siècle, mais aussi l’industrialisation ont vu le village péricliter, et toujours se redresser : Avec la Révolution, de petites industries sont apparues, telle la clouterie de Mr Fontaine, ou encore une briqueterie qui exploitait aussi les carrières de belles pierres de taille, comme sous le Warnimont…de celles qui ont permis la construction de nouvelles maisons, du gîte, de l’ancienne mairie..
Pendant 150 ans, du début du 19è siècle jusqu’à la moitié du 20è, le tissage devenu fabrique de velours (pour l’habillement et la décoration) a permis à 160 personnes dans l’usine, et à de nombreuses familles dans le village, de trouver un travail local, contribuant à la prospérité d’Authie. Dans les années 1950, quand l’usine a dû fermer, c’est grâce à la production de l’endive que le village a pu maintenir une économie locale florissante pendant le demi-siècle suivant.
Une belle église, détruite, déplacée, et reconstruite en 1744 est dédiée à Saint Pierre, une petite chapelle dite de « la Sainte Vierge » s’élève sur son flanc gauche depuis 1841. A l’entrée de la nef, sur la tribune trône un orgue à tuyaux, important pour une église de campagne, qui a été offert et installé par Mr Cappella en 1859, et sous la tribune des fonds baptismaux jugés remarquables. Dans le sanctuaire, un monument fut érigé en 1861, à la mémoire de Monseigneur FX Danicourt, Evêque missionnaire en Chine, enfant du village.
Du château féodal, dont on pense qu’il remonte au Xiè siècle, il demeure une motte féodale, qui se situe sur la butte derrière le château actuel. Son emplacement stratégique permettait de surveiller l’ennemi, dans ses incursions sur la rive droite de l’Authie, et de dominer la vallée dans toutes ses directions : il était comme une « sentinelle » veillant sur l’Artois, une bornière située à l’extrémité Nord de la Picardie pour en interdire l’entrée de ce côté !
Le Prieuré actuel a perdu sa vocation religieuse lors de la Révolution, devenu atelier de clouterie puis remanié en 1867. Pour respecter fidèlement le vœu de Madame Tolomé, bienfaitrice qui en a fait don à la paroisse, il est finalement devenu un lieu d’accueil, sous la forme d’un gîte de groupe, pouvant accueillir dans ses bâtiments jusqu’à une cinquantaine de personnes, et la mairie du village a pris place dans le bâtiment annexe, peu avant l’an 2000.